Traverser la Bolivie en bus local pendant douze heures sur une route non goudronnée, ou relier Londres à Édimbourg en train de nuit sans mettre un pied dans un aéroport : le choix du transport façonne le voyage autant que la destination. Voyager autrement, c’est d’abord décider comment on se déplace, et cette décision change tout, du budget au rythme en passant par les rencontres sur le trajet.
Trains de nuit en Europe : des liaisons relancées mais pas toujours pérennes
On entend beaucoup parler du retour des trains de nuit comme alternative à l’avion sur les trajets européens. La réalité terrain est plus contrastée. Des opérateurs privés relancent effectivement des lignes, et de nouvelles liaisons transfrontalières voient le jour. Leo Express a par exemple lancé en juin 2026 une liaison directe quotidienne entre Francfort et Przemyśl, via plusieurs villes d’Europe centrale.
Le problème, c’est que ces nouvelles lignes disparaissent quand les subventions cessent. Le Nightjet Paris-Vienne a été supprimé en décembre 2025 après la fin du soutien financier français. Avant de bâtir un itinéraire autour d’un train de nuit, on vérifie donc que la liaison existe toujours au moment du départ.
Le train reste le moyen de transport le moins émetteur de CO2 par passager sur les distances moyennes. Pour les voyageurs qui cherchent à comparer les options ferroviaires disponibles dans chaque pays traversé, les transports sur Babar Autour du Monde permettent de visualiser concrètement ce qui fonctionne région par région.

Bus locaux et transports collectifs : le moyen de transport qui couvre le plus de territoire
Dans la majorité des pays d’Asie du Sud-Est, d’Amérique latine et d’Afrique, le bus local constitue la colonne vertébrale du réseau de transport. Là où le train ne passe pas, le bus passe. Parfois un minibus, parfois un pick-up aménagé, parfois un car climatisé selon le pays et le budget.
Ce que le bus change dans la pratique du voyage
Le trajet en bus local intègre le voyageur au rythme du pays. On partage l’espace avec des habitants, on s’arrête dans des gares routières où aucun touriste ne met les pieds, on mange ce qui se vend au bord de la route aux arrêts.
Le coût reste très inférieur à celui de l’avion, et souvent inférieur au train quand celui-ci existe. La contrepartie : des durées de trajet significativement plus longues et un confort variable. Au Pérou ou au Myanmar, un trajet annoncé pour huit heures peut en durer douze.
- En Amérique du Sud, les compagnies comme Cruz del Sur ou Pullman proposent des bus couchettes sur les longs trajets, parfois plus confortables qu’un vol low-cost
- En Asie du Sud-Est, les réseaux de minibus connectent des villages inaccessibles autrement, avec un système de réservation souvent informel
- En Europe de l’Est, les lignes Flixbus et leurs équivalents locaux couvrent des itinéraires que le rail ne dessert plus depuis des années
Vélo et marche : voyager autrement sur des distances courtes et moyennes
Le cyclotourisme n’est pas réservé aux sportifs. On parle ici de parcourir entre 40 et 80 kilomètres par jour, à un rythme qui permet de s’arrêter, de dormir chez l’habitant ou en bivouac, et de ne dépendre d’aucun horaire.
Le vélo supprime la question du carburant et des billets. Une fois l’équipement acheté, le coût quotidien se réduit à la nourriture et à l’hébergement. En France, les véloroutes comme la Loire à Vélo ou la Vélodyssée offrent des infrastructures balisées. À l’étranger, la logistique demande plus de préparation, mais des pays comme les Pays-Bas, le Danemark ou le Japon disposent de réseaux cyclables très denses.

La marche longue distance comme mode de transport à part entière
Les chemins de grande randonnée (GR) en France et en Europe transforment la marche en véritable moyen de déplacement. On relie des villes, on traverse des régions, on franchit des cols. Le GR20 en Corse, le Camino de Santiago en Espagne ou la Via Alpina entre huit pays alpins sont des itinéraires où la marche remplace tout autre transport pendant plusieurs jours ou semaines.
La marche impose un rapport au temps radicalement différent. On couvre une vingtaine de kilomètres par jour, ce qui oblige à accepter la lenteur et à observer ce qu’on traverse.
Bateau, cargo et voilier : traverser les océans sans avion
Prendre un cargo pour traverser l’Atlantique reste possible, mais la disponibilité des places est limitée et les traversées durent généralement une dizaine de jours. Le prix n’est pas forcément plus bas qu’un billet d’avion, la motivation relève donc davantage du choix de voyage que de l’économie.
Le voilier en auto-stop (ou co-navigation) fonctionne sur un modèle différent. Des plateformes mettent en relation des skippers qui cherchent des équipiers et des voyageurs prêts à participer aux manœuvres. On traverse ainsi la Méditerranée, les Caraïbes ou le Pacifique en partageant les frais de port et de nourriture.
- Les traversées cargo se réservent plusieurs mois à l’avance auprès d’agences spécialisées, avec un nombre de cabines passagers très réduit par navire
- La co-navigation demande des bases en voile ou au minimum une bonne résistance au mal de mer et la capacité de vivre en espace confiné
- Chaque traversée maritime impose une flexibilité sur les dates, car les départs dépendent de la météo et du remplissage
Le transport aérien fait de son côté l’objet de nouvelles obligations. En 2025, première année d’application du règlement ReFuelEU Aviation, la part de carburant d’aviation durable fournie dans l’Union européenne a dépassé le seuil obligatoire. L’offre a été distribuée dans davantage d’aéroports qu’en 2024, mais le SAF reste un substitut en développement qui ne supprime pas les émissions.
Choisir son moyen de transport, c’est choisir son voyage. Un trajet en bus bolivien, une nuit dans un train entre deux capitales européennes ou une traversée en voilier ne mènent pas seulement à une destination : ils constituent l’expérience elle-même. Le transport n’est pas un temps mort entre deux lieux, c’est le voyage.



